12 posts tagged “littérature américaine”
tant sur le plan historique qu'inhumain. A peine refermé le livre MIDDLE PASSAGE traduit en français par Jean-Pierre Quijano avec le titre LE PASSAGER dont l'auteur américain est CHARLES JOHNSON j'ai cherché à me documenter sur les faits relatés dans ce roman impressionnant. Ce livre est sorti en 1990 en anglais et en 1991 en langue française, je l'ai trouvé chez un bouquiniste.
écrit par Philip Roth et traduit de l'américain par Josée Kamoun.
La vie retracée de cet homme commence avec la mort. La mort qui aurait pu survenir maintes fois dans sa vie mais qui a su attendre son heure. Quintuple pontage, pose d'un défibrillateur, péritonite, bref un habitué des hopitaux.
Cet homme fragile mais résistant.. réussit sa carrière dans la publicité. Il adore les femmes mais comme les maladies, multiplie les expériences, trois mariages à son actif, le tout raté. Deux fils nés de la première union, antipathiques et une fille, Nancy, née plus tard, de son union avec la femme aimée, elle-même très aimante et complice
C'était une femme d'environ trente-cinq ans, au doux visage dont la joliesse toute simple rappelait celle de sa mère. [...]
A sa retraite, cet homme se prend d'amour pour la peinture. Pour combien de temps ? Il ne cessait de ressentir de l'amertume en pensant à son frère ainé, sain, jamais malade, plein d'entrain et à son ex-associé qui, à soixante-dix ans passé, n'avait rien perdu de sa vigueur et de son ardeur au travail, il était devenu consultant et voyageait beaucoup. Et puis cet homme, notre héros, s'est lassé de peindre. L'inspiration s'envola.
Enfin vint le moment de la septième hospitalisation. Guère réconfortant pour un homme qui venait, en l'espace d'un mois, assisté à deux enterrements ! Il ne put s'empecher de se demander à qui le tour.
Il entra un mercredi matin de bonne heure, pour se faire opérer de l'artère carotide droite. Le cérémonial avait été exactement le même que pour l'opération de la carotide gauche. Il attendit dans l'antichambre vitrée, avec tous les candidats à l'intervention, l'appel de son nom. Et dans sa chemise d'hopital impalpable, ses pantoufles en papier, il fut conduit par une infirmière en salle d'opération. Cette fois, quand l'anesthésiste masqué lui demanda s'il voulait une anesthésie locale ou générale, il demanda la générale, pour rendre cette intervention plus supportable que la précédente.[...]
[..] mais il ne se réveilla pas. Arrêt cardiaque. Il n'était plus. Affranchi de l'être, entré dans le nulle part, sans même en voir conscience. Comme il le craignait depuis le début.
IL FAUT SAVOIR PROFITER DE TOUTES LES HEURES DE LA VIE JUSQU'A LA DERNIERE.... (HB)
A mesure que le printemps nous offre des images bien vivantes, j'oublie les affres de santé de l'hiver, du moins j'essaie. Les progrès viennent lentement et mon impatience tend à forcer un peu la dose d'activités. Aujourd'hui le beau soleil est visible et m'incite à m'étendre sur la chaise longue le regard tourné vers ses rayons. Le teint grisâtre de mon visage du 2 février (il y a des dates mémorables) fait enfin place à deux joues rosées. Ensuite j'ai pris le livre de Jim Harrison Retour en terre et laissé mon esprit voyager au pays des forêts et des grands lacs. Dépaysement assuré.
Fin d'après-midi, je viens de terminer l'ouvrage à regret comme si j'étais descendu d'un train en marche avant son arrivée en gare. Quatre personnages principaux nous font partager la vie des habitants qui, à ma grande surprise, sont parait-il, descendants des indiens du Michigan, mélanges de Finnois, de Cornouillais d'Italiens, et de Chippewas. Existence rude pour tous ces gens. Il doivent faire face au grand froid hivernal, aux tempêtes de neige et à la faune locale, loups, cervidés et ours principalement. Riche en informations, le livre est plus qu'une oeuvre romanesque c'est aussi un travail documentaire plein de références culturelles.
J'ai partagé intensément le passage concernant l'euthanasie. Un des personnages, Donald, de sang-mêlé, souffre de la maladie de Lou Gehrig à laquelle s'est ajoutée une sclérose latérale amyotrophique. Selon toute vraisemblance, il doit figurer parmi les cinquante pour cent de malades qui décèdent en moins de trois ans. Lui, a décidé, en accord avec sa culture, de partir entouré de ses proches au moment désiré (administration d'une piqure de Nembutal) et de se faire mettre en terre, nu, le plus simplement du monde.
Point de mélancolie, il y a aussi beaucoup de répliques humoristiques, des partages de sensualité, des moments charnels, la vie... Point final.
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Traduction : Brice Matthieussent.
auteur : Irwin D. Yalom - Traduction de l'anglais par Clément Baude
Sans m'être allongée sur le divan j'ai fait, il y a quelques années, une psychothérapie étalée sur cinq ans ! Cinq années de soutien pendant mon parcours de vie assez difficile. A la lecture de ce livre, j'ai retrouvé des comportements de mon ex-thérapeute (femme) ce qui m'a fait sourire. Ah l'expérience des psys 4 et eux qui sont-ils au fait ? A quoi pensent-ils lorsque le patient se raconte ? Et quelle sont leurs propres manies ?
Irvin-D Yalom ayant une connaissance pointue des techniques et des relations délicates entre patients et psys nous fait découvrir les pensées intimes de chacun. Ernest Lash, psychanaliste californien, choisit une thérapie basée sur la sincérité et la vérité. Il semble aller de soi que ce sont des demandes fondamentales pour obtenir une aide véritable de la part du médecin de l'esprit. Seulement il y a les pièges de la relation humaine surtout quad votre patiente est une séductrice, intelligente et calculatrice et le thérapeute un homme jeune, disponible et désespérément lié à ses principes déontologiques (obligatoires).
Un autre personnage essentiel, l'ancien tuteur d'Ernest, psy 4 lui-même naturellement, un homme plutôt sympathique au début, que l'on découvrira au fur et à mesure d'une embrouille avec un de ses patients, dévoré d'ambition. L'argent pour Marshal Streider (c'est son nom) compte plus que tout, à tel point qu'il fera preuve à deux reprises d'une naïveté indigne de sa profession et de rater presque entièrement sa vie personnelle (ce qui fait aussi sourire...).
Ce n'est pas tout.... Un peu commme sur un échiquier, les personnages vont se mouvoir avec finesse et de façon méthodique avant d'atteindre le calme insoupçonné.
Je suis entièrement d'accord avec l'appréciation honorifique du grand écrivain David Lodge
Un roman captiant, spirituel et extrêmemen amusant.
Irvin Yalom est né à Washington en 1931 de parents russes. Docteur en médecine depuis 1956 et professeur émérite de psychiatrie à Stanford depuis 1994, il a mené de front une double carrière de psychiatre et d’animateur de thérapies de groupe. Pour en savoir plus, cliquer sur http://www.galaade.com/oeuvre/mensonges-sur-le-divan
Bonne lecture
écrit par Mary McGarry Morris et traduit de l'américain par Michèle Valencia. Je préfère le titre original en anglais THE LOST MOTHER.
On disait que c'était dur pour tout le monde........ On prétendait que les temps difficiles étaient venus de New York avec le krach boursier. Mais Thomas avait l'impression que tout avait vraiment commencé quelques années plus tard, le matin d'hiver où sa mère les avait abandonnés chez sa soeur. [...]
La mère partie, tout va à la dérive. Le coeur des enfants, le mari ne sachant plus quoi faire, espérant sans trop y croire que sa femme reviendrait... Elle allait gagner un peu d'argent et revenir aider sa famille.... La banque se fiche bien des rêves de pauvres. Elle est en train de revendre le prêt du terrain au voisin avide de posséder cette terre pour agrandir son espace. Le travail du père consiste à chercher du travail... d'abattage d'animaux de boucherie, quelques boeufs, quelques agneaux, et surtout des porcs. On le disait brave type, respectueux et travailleur. Hélas il ira en prison pour avoir été dénoncé injustement par le voisin qui en voulait encore plus... jalousie. La mère des enfants, belle femme convoitée par tous les hommes finira par vivre sous la protection de son "patron de l'usine" qui lui offrira ce qu'elle n'avait jamais eu, mais... en prêt. Elle donnera son corps pour être dans une maison qui ne lui appartient même pas. Misère et injustice.
Les enfants vont essayer de survivre à tous ces événements, habitant chez les uns, les autres mais surtout dans la pensée illusoire du retour de leur mère. Pouvoir vivre comme avant !!! Thomas veille sur sa soeur Margaret jusqu'à l'excès, la déchirure. Les rôles ne sont plus distribués normalement, comment être le frère-père-mère ? Les contacts avec les autres sont pour lui difficiles, il se sent souvent agressé, à qui peut-il se fier lui qui a été dûpé par le monde des adultes ? A douze ans cet enfant est méfiant, seul, apeuré et parfois furieux sans savoir réellement comment l'expliquer.
Arrivé à l'âge adulte, il ne fera cependant pas le procès de sa mère. Il a réussi à surmonter les épreuves et sa résilience se fera en optant pour une forme équilibrée du jugement : ils ont soufferts lui et sa soeur, mais la mère aussi, par la privation de l'amour des siens.
Il y a bien longtemps que j'ai renoncé à juger ma mère. Je ne saurai jamais quels besoins impérieux l'ont éloignée de nous. Peut-être est-ce de l'aveuglement de ma part, mais j'ai toujours voulu croire que sa décision avait été difficile à prendre. Je ne peux que la plaindre d'avoir laissé derrière elle tant d'amour et de vie. Des enfants, des petits-enfants qu'elle n'a jamais connus et, à présent, des arrière-petits-enfants.
Si je vous dis il a écrit
L'homme qui voulait vivre sa vie
Les désarrois de Ned Allen
La poursuite du bonheur
Rien ne va plus
Une relation dangereuse
Les charmes discrets de la vie conjugale
Cul-de-sac
La femme du Ve
Vous avez deviné, c'est
Tous les titres de ces ouvrages cités sont alignés dans ma bibliothèque. Il me serait difficile de dire que je n'aime pas cet auteur ! Les récits sont bien construits, et vous mène en haleine jusqu'au bout. Fin psychologue, il connaît aussi bien la façon de penser d'un homme (normal) que celle des femmes. Redoutable !
Qui est le héros de ce livre ? Harry Ricks, un américain, Professeur à l'université.
Est-il marié ? Oui et non. Un couple ébréché, une fille vivant aux US avec sa mère
Et lui où vit-il dans l'histoire ? A Paris, dans une chambre de bonne miteuse située dans un quartier glauque, c'est un américain fauché (il y en a...).
Il occupe un emploi à Paris ? Illégalement il est gardien de nuit, légalement et secrètement il écrit un livre, peut-être celui-ci !
Il est seul ? Quelques jours seulement, il a une maîtresse hongroise, Margit c'est la fameuse "FEMME DU Ve"
publié chez Babel
Je voulais voir la télé ce soir mais rien de plaisant. Je suis choquée de la quantité des séries policières angoissantes, si je les suivais toutes j'aurais peur de mon ombre !
Alors j'ai choisi de vous parler du livre lu cet été. D'ailleurs je vous l'avais promis.
Hannah Musgrave est l'héroïne principale. Pour avoir été une militante active révolutionnaire du temps de sa jeunesse, elle est fichée aux Etats-Unis où elle résidait. Issue d'un milieu bourgeois elle fuit, emprunte une autre identité et se retrouve au Libéria épouse d'un ministre africain, dans les années 70. Un peu confus au début (pour moi) mais les différences relationnelles au sein de la belle-famille, sont bien décrites. Elle, la femme libre, va se retrouver coincée entre les traditions familiales de la belle-famille, du mari ministre jugeant sa position hautement suffisante pour que sa femme reste à la maison, s'occupe de ses réceptions et de ses enfants (ils en auront trois) et son désir de continuer à exercer sa profession.
Hannah travaille pour un laboratoire pharmaceutique de renom pour lequel elle fait des essais sur les chimpanzés qu'elle appelle ses rêveurs. Elle s'attache à eux, les connaît tous individuellement comme une mère avec ses enfants.
Je n'avais pas la moindre idée de la situation du Libéria, Russell Banks fait une bonne analyse me semble-t-il de la vision que pouvait avoir les américains blancs de l'époque
Pour saisir le début de l'histoire moderne du Libéria et en comprendre les particularités, il faut remonter aux premières années du XIXe siècle, une époque où les intérêts religieux, financiers et raciaux des Etats-Unis ont commodément convergéen une idée, celle d'installer en Afrique de l'Ouest, un agent à leur service. Au début des années 1820, les Américains blancs ont remarqué la présence d'un nombre croissant d'anciens esclaves dans les rues des villes du Nord, et pour la première fois, ils se sont rendu compte qu'ils allaient avoir à affronter non seulement un problème d'esclavage mais aussi un problème de race. Si le premier était d'ordre politique - le prix d'une république devait payer pour l'avantage économique de posséder une force de travail autoreproductrice de presque trois millions de personnes protégées par la constitution -, le deuxième , le "problème de race", était d'ordre moral, émotionnel, culturel et, je suppose, sexuel. [..]
Le livre nous fait voyager dans le temps, connaître et mieux comprendre la politique mouvementée de ce pays, les conséquences désastreuses pour le peuple déjà pauvre et affamé, les massacres, l'intervention de l'armée américaine ce qui fera dire à son mari "Bon, je suppose que c'est réglé. On peut pas laisser la rue nous dicter sa loi".
Est-ce une fiction ? A la lecture je faisais bien des rapprochements avec d'autres situations dans d'autres pays.
L'histoire d'Hannah est passionnante, c'est une femme forte, rebelle, indépendante, non conformiste et quand elle devra retourner dans son pays natal pour des raisons de sécurité évidentes, elle sera très surprise de la manière de vivre de la femme américaine blanche issue du baby-boom, la façon de tout prévoir, de régler la vie personnelle, des similitudes de vie, les divorces, les inquiétudes pour leur silhouette et c'est ainsi qu'Hannah s'est sentie davantage africaine !
Superbe roman, comportant nombre de réflexions, sur les humains sans oublier les chimpanzés... nos cousins.

Très bonne traduction de Pierre Furlan. Merci.
Qui est-elle ? : Siri Hustvedt
Que fait-elle ? : Ecrivain, auteur du livre Elégie pour un américain
Traduction de l'américain par Christine Le Boeuf
Qui n'a pas de fantômes à l'intérieur de soi ? En l'occurence dans ce roman la famille et l'entourage en ont tous. Petit à petit on va les tracer, les effleurer avant de les découvrir ce qui est toujours douloureux. Il y a des spécialistes chercheurs de fantômes, le héros en est un il s'appelle Erik Davidsen, il est psychiatre, divorcé et très bouleversé par la mort récente de son père.
"Maman dit que tu es un Docteur qui soigne les soucis" dit Eggy la petite voisine elle-même dans une situation familiale conflictuelle. Miranda, sa mère, vient de divorcer et le père fou jaloux essaie de récupérer Eggy dont il est séparé. Sa passion est la photo, jusqu'à en devenir maniaque.
Erik a une soeur, Inga, veuve depuis peu, son mari était un écrivain célèbre, double deuils : son père, et son mari. Erik et Inga sont très proches l'un et l'autre.
L'intrigue s'amène, la découverte d'une lettre écrite par une femme impliquant le défunt dans une mort mystérieuse. Qui est cette femme par rapport à Inga? Le feu est mis à l'allumette, du travail pour les psys (Erik et un confrère), les gens de lettres (Inga écrit aussi), les rencontres amoureuses, le lecteur va se laisser aller insidieusement à chercher une fin subtile allant dans le sens du livre. Car le style est travaillé avec un langage recherché de psy, des réflexions non anodines (nous avons plusieurs personnalités dans une vie) et, soit dit en passant, les patients d'Erik ne sont pas mal non plus !
La romancière descendante elle-même d'immigrés norvégiens, mais née dans le Minnesota, ne manque pas de souligner l'intégration laborieuse mais possible des étrangers dans cette vaste Amérique US des années 30 ou avant ? Son père ayant bûcher au sens propre et au sens figuré et grâce à l'obtention d'une bourse, il a pu reprendre ses études au Martin Luther College beaucoup plus tard. Situation d'immigré, peur au ventre, en somme la crainte vécue par tous ceux vivant la même situation.
Il y a l'évocation du 11 septembre bien entendu. L'Amérique est marquée par cette partie de l'histoire catastrophe. On retrouve l'épisode dans presque tous les romans américains.
Edts Actes Sud, (j'aime bien le format pratique à mettre dans un sac), à lire tranquillement.
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Elle est jeune, à peine sortie de l'adolescente, rêveuse, féminine, gracieuse, mais son attitude la montre loin, ailleurs, dans le futur avec plein de projets. Non elle ne restera pas là. La vie est ainsi faite. Certains êtres sont contents de leurs terres, du lieu où ils ont grandi, d'autres pensent à fuir, à connaître l'ailleurs, à découvrir l'inconnu en sautant les haies de la peur.
Elle, la voilà, crée par Peter Miller dont vous pouvez découvrir d'autres oeuvres sur le site http://www.bridgemanartondemand.com
Le premier paragraphe reflète ce que l'image - servant de couverture du livre - m'a inspiré. Ce sont des mots libres de mes pensées pas tout à fait libres puisque j'ai connaissance du contenu !
Le LIVRE : LA REBELLE traduit de l'américain par France Camus-Pichon. Belle traduction.
Mattie, la rebelle, créative, jouant de son amour pour les mots à sa manière, tout simplement, en prenant le dictionnaire. Chaque jour, un mot nouveau. Elle le mémorise avec sa définition et essaie de le placer dans une phrase. Pas toujours simple lorsqu'elle tombe sur exsangue par exemple. Elle habite dans une petite ville de l'état de New-York , avec frères et soeurs, son père, mais plus de mère décédée d'un cancer. Sa vie jonchée de difficultés la poussera à faire des remarques étonnantes.
Son ami, Weaver, noir de peau explique ses difficultés raciales par une phrase qui m'a fait sourire "La chaleur rend les Blancs méchants". Sa façon de dire qu'il vient du Mississipi et pourquoi ils en sont partis.
La mère de Weaver était blanchisseuse. Elle travaillait pour les hôtels et les camps de bûcherons. L'été, elle lavait les draps et le linge de table et, le reste du temps, des chemises, pantalons et caleçons longs qui avaient souvent été portés plusieurs mois d'affilée. Elle les mettait à bouillir dans une immense lessiveuse au milieu de son jardin. Elle lavait également les bûcherons, qu'elle obligeait à monter dans un tub en aluminium et à se récurer des pieds à la tête avant d'enfiler leurs vêtements propres. Quand une équipe entière débarquait, mieux valait ne pas se trouver dans le sens du vent. "Aujourd'hui, la mère de Weaver fait de la soupe aux caleçons", plaisantait Lawton.
Mattie lit beaucoup, encouragée par son institutrice, et sélectionnée avec Weaver, les meilleurs de la classe, il leur est offert la possibilié de se rendre dans une école à New York pour y poursuivre leurs études. Ce n'est pas, bien entendu, sans provoquer des remous au sein des familles dont les revenus sont très précaires, à peine suffisants pour le quotidien. Je ne vous en décris par plus...
J'ai trouvé une réflexion de Mattie très percutante concernant les romans en général
- Pourquoi faut-il que les écrivains embellissent tout ? Pourquoi ne disent-ils pas la vérité ? Pourquoi n'évoquent-ils jamais le spectacle offert par une porcherie où la truie vient de dévorer ses petits ? Ni les souffrances d'une femme dont le bébé ne veut pas sortir ? Ni le fait que le cancer a une odeur ?
Ce sont des faits et des images qui ont marqué son existence d'enfant et l'on pourrait en citer d'autres. Il est vrai que les histoires en général se terminent bien, tout comme la sienne d'ailleurs.
UN LIVRE DE VACANCES QUE L'ON NE LACHE PLUS.
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La REVELATION écrit en grosses lettres sur ruban rouge a marché en ce qui me concerne puisque je me suis lancée à sa découverte. Auteur inconnu, mais la littérature américaine m'attire.
L'histoire repose sur une autre histoire écrite par Joe Goffman racontant sa vie à Bush Falls où il a grandi, vécu son adolescence de jeune américain dans cet endroit très conservateur où tout se passe en cachette bien que rien ne soit ignoré. A part le sport, là aussi un reflet authentique de l'Amérique. Il est aussi important de faire parti d'un club sportif que de se brosser les dents après chaque repas. Avec le succès de son roman les lecteurs font connaissance de l'ambiance confuse et hypocrite de Bush Falls même si chaque personnage est fait d'un trait de vérité et d'un peu de fiction.
Joe écrivain, habite Manhatan, elle est loin la petite ville de province ! Il fait dorénavant partie des gens célèbres et convoités.
Jusqu'au jour où son père plonge brutalement dans le coma et c'est le retour de Joe sur les lieux du crime. Il va de soi que l'accueil des habitants est peu chaleureux, se sentant tous accusés et bafoués par le livre de Joe. Il y a des réglements de compte à coups d'uppercut, de gifles, de rencontres dédaigneuses, d'incompréhension relationnelle avec son frère, un petit enfer quoi.
Joe se remet alors en question, ses souvenirs défilent dans sa tête, après tout qui est-il ?
"Et pourtant, récemment,j'ai commencé à me demander si je n'étais pas au fond qu'un sale connard seul au monde, et ce depuis longtemps déjà."
Il va peu à peu se réconcilier avec lui-même, réécrire et aimer
"L'erreur, comme on dit est humaine. Le pardon, lui, est divin. S'abstenir de pardonner jusqu'à ce qu'il soit trop tard est donc une erreur divinement conne.[..]"
Mais quand l'un de ses amis Wayne, homosexuel, arrive en fin de vie, Joe l'accueille chez lui, chaleureusement, et lui permettra de vivre des moments inespérés de joie et même de rêve avant de mourir.
La fin frise le "tout est bien qui finit bien", ce qui ne sera pas pour déplaire aux nostalgiques des belles histoires. Jonathan écrit bien, c'est facile à lire, une REVELATION sympa à emmener en vacances !!!

