14 posts tagged “poésie”
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Tu casa suena como un tren a mediodia,
zumban las avispas, cantan las cacerolas,
la cascada enumera les hechos del rocio,
tu risa desarolla su trino de palmera
Ta maison est sonore à midi comme un train
la casserole chante et la guêpe bourdonne,
la cascade nous dit ce qu'à fait la rosée,
et ton rire déploie ses trilles de palmier.
La luz azul del muro conversa con la pieda,
llega como un pastor silbando un telegrama
y, entre las dos higueras de voz verde,
Homero sube con zapatos sigilosas.
La lumière du mur, bleue, parle avec la pierre
sifflant comme un berger arrive un télégramme,
voici, entre les deux figuiers à la voix verte,
que monte Homère avec ses souliers de mystère
Solo aqui la ciudad no tiene voz ni llanto,
ni sinfin, ni sonatas, ni labios, ni bocina,
sino un discurso de cascadas y leones,
y tu que subes, cantas, corres, caminas, bajas
plantas, coses, cocinas, clavas, escribes, vuelves,
o te has ido y se sabe que comenzo el invierno.
C'est ici que la ville a perdu voix et pleurs,
l'infini, la sonate, et ses lèvres, et sa trompe,
mais gardé son discours de cascades et de lions,
et toi qui montes, chantes, et qui cours, vas, descends,
et plantes, couds, cuisines, écris, cloues, et reviens,
si tu t'en vas, c'est que l'hiver a commencé.
Pablo Neruda. La Centaine d'amour. Traduction de Jean Marcenac et André Bonhomme. Ed. bilingue Gallimard.
Séparateurs de lignes de www.mabulle78.centerblog.net
65 ans ou 56* ?
*(Tricheuse !)
Ma réaction est infantile.... "Chouette je vais avoir ma carte de bus à tarif réduit valable à Marseille et tous les environs."
En réalité franchir ce cap ne me contrarie pas tant que je suis lucide, voyante et que je puisse continuer à lire, écrire et bouger.
J'aime bien cette parabole taoiste relatant l'histoire d'un charpentier et de son apprenti, lequel s'étonnait d'un vieux chêne gigantesque et noueux :
"Le charpentier dit à son apprenti : "Sais-tu pourquoi cet arbre est si gigantesque et si vieux ?" L'apprenti dit "Non, pourquoi ?" Le charpentier répondit alors : "Parce qu'il est inutile. S'il était utile, on l'aurait depuis longtemps abattu, scié et utilisé pour la fabrication de lits et de tables. Mais comme il ne sert à rien, on l'a laissé pousser. C'est pourquoi il est tellement grand à présent et que l'on peut reposer dans son ombre".
Croître et servir d'abri aux enfants, aux personnes cherchant de l'écoute et de la douceur, servir d'appui au malade chancelant, ce sont des qualités qui font notre valeur laquelle réside dans notre nature même.
Herman Hesse a compris que lâcher prise avec l'âge c'est rejoindre une légéreté nouvelle.
Toutes les fleurs se veulent changer en fruits,
Les matins se muer en soirées;
Sur terre nulle éternité,
Tout change, tout s'enfuit.
Le plus beau des étés
Aspire à l'automne, aime à se flêtrir.
Feuille ne tente pas de lutter
Lorsque le vent te vient ravir.
Poursuis tes jeux et ne résiste pas,
Laisse-toi faire en douceur.
Laisse le vent qui te brisa
Te porter vers ta demeure.
de Moi à MOA
Les petits enfants qui meurent de faim sont très bien élevés
Ils sont si bien élevés les gosses qui meurent de faim.
Les enfants qui meurent de faim sont très bien élevés.
Ils ne parlent pas la bouche pleine.
Ils ne gâchent jamais leur pain.
Ils ne jouent pas avec la mie pour en faire des boulettes.
Ils ne font pas des petits tas au bord de leur assiette.
Ils ne font pas de caprices.
Ils ne disent jamais : "J'aime pas ça".
Ils ne font pas la grimace quand on amène un plat.
Les enfants qui meurent de faim ne trépignent pas pour avoir des bonbons.
Ils ne donnent pas au chien le gras de jambon.
Ils ne courent pas dans vos jambes, ils ne grimpent pas partout.
Ils ont le coeur si lourd et le corps si fragile qu'ils vivent à genoux.
Pour avoir le repas ils attendent sagement.
Ils pleurent parfois quand ça dure trop longtemps.
Rassurez-vous, les enfants qui meurent de faim ne vont pas crier.
Ces petits sont bien élevés.
Ils pleurent sans bruit, on ne les entend pas.
Ils sont si petits qu'on ne les voit même pas.
Ils savent ne rien attendre de leur père et de leur mère.
Soyez tranquilles, ils ne vont pas crier, ils n'en ont pas la force.
Seuls leurs yeux peuvent parler.
Ils vont croiser leurs bras sur leur ventre gonflé,
Ils vont prendre la pause pour faire un beau cliché
Pour nous Européens, et pour nos télévisions.
Ensuite, ils mourront doucement sans bruit, sans déranger.
Les petits enfants qui meurent de faim sont très bien élevés.

http://terresacree.org/faim.htm
A chaque retour de voyage de pays autres que l'Europe, je suis frappée par la différence si bien exprimée ci-dessus. Pour ne citer que le dernier en date, le Vietnam, je n'ai jamais vu un enfant chipoter avec la nourriture, les parents ont connu la famine, ils connaissent l'importance de la nourriture !
http://www.bridgemanartondemand.com - merci
Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit,
Ecrire, par exemple : la nuit est étoilée,
et grelottent bleus, les astres lointains.
Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante.
Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit,
Je l'ai aimée et parfois, elle aussi m'aima.
Dans les nuits comme celle-ci,
Je l'ai tenue dans mes bras
Je l'ai embrassée tant de fois sous le ciel infini.
Elle m'aima, parfois moi aussi je l'ai aimée.
Comment ne pas avoir aimé ses grands yeux tristes ?
Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit,
Songer que je ne l'ai pas. Sentir que je l'ai perdue.
Entendre la nuit immense, plus immense sans elle
Et le vers tombe sur l'âme comme la rosée sur l'herbe.
Qu'importe que mon amour n'ait pu la garder.
La nuit est étoilée et elle n'est pas avec moi.
C'est tout. Au loin quelqu'un chante. Au loin.
Mon âme n'est pas satisfaite, l'ayant perdue.
Pablo Neruda (1904-73) "Les vers les plus tristes"
Traduction Claude Couffon et Ch. Rinderknecht
Poésie - Gallimard
LE CAILLOU
J'ai un caillou
Dans mon soulier
Qui me fait mal,
Très mal au pied.
J'ai un caillou
Dans mon soulier
Mais tant pis si
J'ai mal au pied.
J'ai voyez-vous,
Beaucoup trop peur
Que le caillou
Soit dans mon coeur
Pierre Coran
http://endjetsesfolies.centerblog.net
Femme du marché à Hoi An
"on sent le pas du temps sur la peau des yeux" Bernard Noël
Nos amies du marché nous ont donné quelques détails, bien simples, sur sa vie simple et plus que modeste. Plus de famille, tous envolés dans les cieux, elle essaie de subsister en faisant un peu de soupe, du thé dans son antre que vous apercevez derrière elle. Aucune ressource, aucune aide, et face à mon objectif sa bouche dessine un sourire. Mais dans ses yeux, quelle lassitude !!!!
Le lendemain, nous lui avons laissé quelques euros pour respirer un peu.
Ce matin j'ai déniché un livre magnifique que voici, d'où sont tirés les mots de Bernard Noël ci-dessus.
Vous aimez lire quelques phrases de poésie ? Vous voulez essayer d'en faire pour le plaisir ? Je vous recommande chaudement cet ouvrage. C'est une mine d'or (comme j'aime, en mots....)

Un extrait du site http://www.fabula.org/actualites/article20196.php
De Léo Ferré à Jean Ferrat, en passant par Georges Brassens ou, plus récemment, par Sanseverino, les chanteurs ont vu en lui une partition silencieuse en attente d'instruments.
Nathalie Piégay-Gros nous montre ici, avec tendresse et érudition, que la poésie savante et courtoise de l'auteur des Yeux d'Elsa, mariée à sa passion pour la musique populaire, pour le jazz, pour les flonflons et le music-hall et inscrite dans son contexte politique (Front populaire, Résistance, guerre d’Espagne…), a constitué une invitation ensorcelante pour les chanteurs qui l'ont lue et, sans doute, d’emblée fredonnée.
Deux volumes retracent ces noces d'évidence du poème et du chant. Le premier, « La romance inachevée », riche de photos, petits formats, correspondances, dit le lien passionnel du poète à la chanson. Le second, à rebours, illustre l'engouement de chanteurs pour le poète : 60 fac-similés des poèmes mis en chanson dessinent, sous le commentaire de Nathalie Piégay-Gros, la genèse à chaque fois différente de ces créations enchanteressesL’auteur
Nathalie Piégay-Gros est maître de conférences à l’université Paris 7-Denis Diderot. Spécialiste de littérature française contemporaine, elle a publié de nombreux articles et ouvrages, notamment L’Esthétique d’Aragon (Sedes, 1997) et Les Voyageurs de l’impériale (Belin, 2001). Elle a établi l’édition de La Semaine sainte pour la Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard, Œuvres romanesques complètes, tome 4, 2008). Elle participe aux travaux du groupe Aragon de l’Item (Institut des textes et manuscrits modernes).






